Le Mouvement Démocrate du 56

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Nos Écrits

JYT

 Parti Pris...

Comme un « marronnier » journalistique, le temps des élections municipales revient tous les six ans et durant les six mois qui les précèdent, tel un « départ de marathon » c’est la bousculade !!

La majorité sortante du conseil municipal met en avant son bilan, ses réalisations, et ses projets pour la future mandature.

Son opposition s’oppose, rien de plus normal, parle d’un bilan catastrophique, de réalisations ratées, quant aux projets futurs, ils sont toujours dispendieux, opaques, mal ficelés, en un mot « pourrait mieux faire », sous-entendu « nous » !

Comment peut-on dans une ville, au hasard disons Vannes, analyser le mandat qui se termine, se projeter sur le futur et déterminer, non pas ce qui serait le mieux pour les vannetais et les vannetaises, c’est basique :

Mais qui, comment et pourquoi ?

Reprenons le fil des derniers mois et examinons ce qui s’est passé à partir des élections européennes pour lesquelles, hormis quelques exceptions, il fût difficile, et c’est un euphémisme, de faire campagne commune avec LREM dans le Morbihan. Pourtant et heureusement, chacun avec ses couleurs et ses convictions, nous sommes arrivés à ce que notre liste commune « Renaissance » obtienne un bon résultat.

Le 15 juin 2019, au deuxième tour du vote de l’élection du président de notre fédération Modem 56, Mohamed Azgag fut élu avec 66% des suffrages.

Le 29 juin 2019, il présida son premier conseil départemental, au cours duquel un point de situation fut fait à propos des Municipales 2020 :

Extrait du compte rendu de ce conseil départemental :

« Sur Vannes, le président et le délégué départemental, rencontreront prochainement

LREM (candidat déclaré et référente départementale) pour échanger leurs points de vue sur la situation vannetaise. Une démarche similaire s’opérera vis-à-vis du maire sortant. »

Candidat à la candidature depuis de nombreux mois, Patrick Le Mestre était investi le 1er juillet 2019 par LREM, candidat pour les municipales de Vannes, sans aucune proposition de rencontre ou information préalable auprès des instances du MoDem Morbihan… malgré ses déclarations à la presse :

Le Télégramme 2 juillet 2019

Il déclarait : « avoir noué il y a plusieurs mois des contacts avec Armelle Séité-Salaün (l’ex présidente du MoDem, depuis décédée), et je compte voir Mr Azgag ».

Ouest-France 2 juillet 2019

Il déclarait vouloir prochainement rencontrer Mohamed Azgag, à la tête du MoDem 56 depuis le 15 juin.

Le délégué départemental du MoDem a tenté, en vain, à plusieurs reprises d’entrer en contact avec la déléguée nommée de LREM, qui pourtant annonçait, le jour de sa déclaration de candidature à l’investiture, pour briguer la mairie de Pontivy, face à la maire MoDem sortante :

« Être en contact régulier avec le MoDem 56 » Ouest-France le 26 juin 2019

De même, le président de notre mouvement départemental, a vainement attendu un signal du candidat déclaré de LREM, pour un premier échange de vues sur la situation vannetaise pour déterminer quelles pourraient être, les plus-values et vision à moyen et long terme du MoDem aux projets locaux.

En parallèle, et dans le respect qu’on doit à un élu avec lequel le Modem avait noué un accord de gouvernance en 2014, président et délégué départemental ont rencontré David Robo, le maire de Vannes.

Le constat, partagé par de nombreux observateurs, du développement équilibré de la ville de Vannes, de son attractivité et de sa gestion bien maîtrisée permettaient en effet d’évoquer avec lui, sans engagement prématuré de la part du Modem, la pertinence du renouvellement de l’accord de mandature.

En accord total avec les instances nationales du MoDem, nous considérons que dans une élection municipale, en dehors de toute étiquette politique, ce qui importe c’est la convergence de projets en adéquation avec les perspectives à moyen et long terme que l’on souhaite pour sa ville.

Ceci étant acquis, vient le moment de décider quelle équipe sera la plus à même de mener à bien cette convergence de projets.

A cet effet, Jean-Noël Barrot, secrétaire national du MoDem déclarait au journal La Croix le 19 juillet 2019

« Les investitures officielles du MoDem ne seront pas dévoilées avant l’automne, pour permettre au mouvement de s’aligner sur les décisions des maires sortants, traditionnellement plus tardives que les déclarations des nouveaux postulants.

À ce moment-là, certains parmi les 200 chefs de file désignés, deviendront têtes de liste étiquetées MoDem. D’autres rejoindront des listes de rassemblement, que ce soit avec LREM ou avec d’autres partis tantôt à droite, tantôt à gauche, comme le mouvement de François Bayrou l’a toujours fait pour ce genre de scrutins ».

Un calendrier et une méthode qui se distinguent nettement de LREM, dont la commission nationale a déjà investi 62 candidats officiels, précisait la journaliste de La Croix, et Jean-Noël Barrot de poursuivre :

« Ce sont des élections essentiellement locales, il est évident que dans certains cas résiduels nous ne nous retrouverons pas avec LREM ».

C’est d’ailleurs lors de ces désignations que sont venus les premiers désaccords avec le MoDem, comme à Vannes ou Clermont-Ferrand, soulignait la journaliste.

 La Croix 19 juillet 2019

Le 14 septembre 2019, nous apprenions par la presse locale que la veille au soir, LREM et son candidat Patrick Le Mestre, avaient tenu leur première réunion de lancement de campagne au Palais des Arts de Vannes.

Les instances départementales de la Fédération MoDem du Morbihan confirment n’avoir été, ni informées, ni invitées à cette réunion de lancement, par les instances départementales de LREM.

Partant de ces différents constats, nous en avons conclu que, concernant la ville de Vannes, les instances départementales de LREM n’avaient nul besoin du concours du MoDem, et qu’il était donc préférable de renouveler et poursuivre notre accord de mandature avec David Robo.

« Un maire ce n’est pas un enjeu partisan, c’est quelque chose d’autre. C’est une personnalité, une attention à ses concitoyens, une vision, et ça ne peut pas se résumer à un combat d’étiquette. »

(François Bayrou Université de Rentrée de LREM à Bordeaux le 8 septembre 2019).

Jean-Yves Tréguer 

(26 septembre 2019)

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Retour en images sur l'Université de Rentrée 2019 à Guidel

Comme tous les ans, depuis 8 ans, la  Bretagne accueillait l’Université de Rentrée du MoDem.

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L’accueil breton, où tout le monde se ruait sur les crêpes : GRAND ÉLU, députe(é)s, cadres éminent(e)s du MoDem de France et de Navarre...

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En salle plénière

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                                                                                                   FR3 Bretagne                                                           

                              

                          

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LE MODEM DU MORBIHAN EST EN DEUIL

jytLa Fédération morbihannaise du Mouvement Démocrate, qu’elle présidait depuis un an, est sous le choc de la disparition de sa Présidente, Armelle SEITE-SALAÜN, survenue ce 9 décembre.

Universitaire de grande qualité, titulaire d’un doctorat de littérature du XVIIIe siècle, Armelle avait commencé son parcours professionnel à Lille, dans le secondaire et le supérieur, en tant que professeur agrégée de lettres modernes, puis à l’UFR de lettres, langues, sciences humaines et sociales de Lorient. Elle terminera une vie au service de la jeunesse à l’IUT de Vannes, enseignant la communication au département Gestion des entreprises et des administrations (GEA), où elle fut choisie comme directrice adjointe de l’IUT, coordinatrice des relations internationales, jusqu’à une retraite bien méritée en 2016.

Son investissement dans la transmission des valeurs humanistes avait guidé sa vie de pédagogue. Elle continuait à sensibiliser les étudiants au message européen, organisant des voyages d’étude au Parlement Européen pour faire rencontrer étudiants et acteurs de la vie européenne (ainsi elle avait obtenu que ses élèves soient reçus par la députée Modem Nathalie Griesbeck, en 2017).

Particulièrement en phase avec le message humaniste et européen du Modem, elle avait tout naturellement intégré notre mouvement en 2014. Militante des plus actives, elle avait assuré auprès du président Jean-Yves Tréguer, pendant deux ans, la fonction de vice-présidente. En novembre 2017, lors du renouvellement statutaire de notre Conseil départemental, elle avait su fédérer autour d’un programme ambitieux l’ensemble de nos adhérents et assurait avec dynamisme, jusqu’à la veille de son décès, la présidence de notre Fédération.

Par ailleurs très investie dans les combats pour l’Égalité Femmes/Hommes, elle avait été élue présidente du Comité morbihannais et a été l’une des cinq fondateurs de la Maison de l’Europe du Morbihan-Bretagne Sud, dont elle fut la première présidente.

Il y a moins d’un mois, elle accueillait à Vannes, au nom de notre mouvement, l’économiste Pierre Larrouturou, lors de la conférence-débat «crise climatique, crise sociale, crise de l’Europe…

Une grande voix de l’engagement humaniste et européen va manquer, comme l’a souligné dans son message d’adieu jyt

Marc Fesneau, Ministre des Relations avec le Parlement, qui vient de nous assurer de son soutien et de son affection.

Les adhérents du MODEM 56 et ceux des fédérations amies des départements de la Bretagne historique partagent la peine

de Daniel, son mari, d’Yves-Marie, son fils, de sa mère et de toute sa famille, auxquels ils présentent leurs plus sincères condoléances.

 

Guillaume MORIN Vice-Président

Jean-Yves TRÉGUER, Délégué départemental

au nom de l’ensemble du Conseil Départemental Modem 56 

 

 

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A Vannes, le 17 novembre, une conférence sur le climat a redonné espoir en esquissant quelques solutions.

jyt

Certes Pierre Larrouturou a tiré le même constat pessimiste que les experts du GIEC  (Groupe d’experts intergouvernemental pour le climat (GIEC) (en anglais : IPCC- Intergovernmental Panel on Climate Change ), mais il a donné des pistes d’espoir. Avec  le climatologue Jean Jouzel, il multiplie les interventions devant les gouvernements, en France, à l’Assemblée nationale où la commission du développement durable l’a auditionné.

Lui aussi a montré comment tout est lié : l’appauvrissement,  l’apport de produits toxiques pour l’homme mais qui épuisent la terre, comme un certain type d’agriculture,  le problème de l’eau, et la manière dont dès le départ, on en perd une partie.

Les émissions à effets de serre, le réchauffement ou plutôt le dérèglement climatique, si cher en vie humaine et nuisible à une agriculture responsable nous ont été expliqués ;

Pour chaque point, une solution est esquissée, chiffrée.  Pierre Larrouturou nous en indique les financeurs.

Sa démarche est originale : il ne se contente pas de dénoncer.

Son grand projet ?

Doter l’Union européenne d’un budget climat, charger la Banque européenne d’investissement (BEI) de financer des projets pour la transition énergétique ou encore aider massivement les pays d’Afrique : ce sont les propositions d’un ambitieux “pacte finance-climat” européen, qui a été  présenté à Paris à l’Unesco.

Le projet est porté entre autres par le climatologue Jean Jouzel

“L’Europe a besoin de montrer qu’on peut lutter de manière radicale pour sauver le climat”, au moment où les États-Unis se retirent de l’Accord de Paris sur le climat, a expliqué Pierre Larrouturou.

“Il faut un nouveau projet à l’Union européenne, qui redonne du sens à l’aventure”, a-t-il poursuivi.

Ce plan prévoit de charger la BEI (Banque Européenne d’Investissement) d’un volet développement durable, “chargée de fournir aux États membres des financements à taux zéro (1000 milliards par an, création monétaire de la BCE) qui seront intégralement utilisés pour la transition énergétique”, selon la présentation. “Chaque État aurait un droit de tirage annuel correspondant à 2% de son PIB”. Ce qui ferait environ 45 milliards par an pour la France.

Ceci permettrait par exemple d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments de manière massive, alors que ce secteur est le plus consommateur d’énergie en France devant les transports, a expliqué l’économiste.

Ce pacte, qui serait mis en œuvre dès 2020, propose de “créer un vrai budget climat au niveau européen, doté de 100 milliards d’euros chaque année” et d’”augmenter très nettement l’aide aux pays d’Afrique et du pourtour méditerranéen (40 milliards de dons chaque année) ou encore d’”investir massivement dans la recherche”.

Les ressources nécessaires seraient trouvées via “une contribution climat de 5%” sur les bénéfices des entreprises non réinvestis, la taxe sur les transactions financières et la taxe sur le CO2.

Du prince Albert de Monaco au patron de la Confédération européenne des syndicats Rudy de Leeuw, en passant par l’ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, beaucoup ont signé. Ont été également signataires, des économistes (James Galbraith, Tim Jackson, Alain Grandjean), des politiques, de toute obédience, A. Juppé pour Bordeaux, , M Aubry pour Lille , C. Estrosi pour Nice.

Dans le Morbihan ont signé 5 députés, J Pahun, Nicole Le Peih, Hervé Pellois, G Rouillard, Paul Molac.

De nombreuses communes ont fait des votes de soutien unanime, dont la commune de Sainte-Hélène.

Ni catastrophiste, ni alarmiste, ni sans pragmatisme, il voulait  orienter cette soirée vers un signature citoyenne.

Hélène Danel, qui animait a expliqué la portée de cette signature (seules 4 personnes ont refusé de voter).

Il a obtenu près de 250 signatures. 

Hélène Danel

(17 novembre 2018)

https://www.pacte-climat.eu/fr/

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Antoine SFEIR est parti….

   

jyt

Il y a une semaine Antoine SFEIR nous quittait, succombant au cancer qui le minait depuis plusieurs années.

Jusqu’au bout de son épreuve, il n’aura rien voulu céder à la maladie, ni changer ses habitudes, continuant à fumer ses « Gitanes » comme si rien ne devait l’atteindre.

La dernière fois que j’ai rencontré Antoine, c’était début juin dernier à Paris. M’informant, comme on le fait avec un ami, de l’évolution de sa santé, il évacua le sujet en deux minutes, pour échanger nos points de vue sur la situation aux Proche et Moyen-Orient.

« Antoine SFEIR était un passeur entre deux mondes, l’Orient et l’Occident », a réagi François Bayrou à l’annonce de son décès.

Nous nous souvenons tous de ses interventions aux Universités de Rentrée du MoDem à Guidel où, avec pédagogie, il disséquait, expliquait et analysait les grands défis engendrés par les conflits moyen-orientaux, qu’ils soient militaires ou religieux. Interventions, qui toujours, se terminaient en " standing ovation".

Nous nous souvenons tous de cette soirée du 20 octobre 2009 à Vannes où, ayant raté son train pour une question de correspondance, il prit un taxi pour faire Paris Vannes, afin d’honorer, même avec deux heures de retard, la conférence qu’il s’était engagé à donner.

Avec une précision chirurgicale, « tempêtant » contre les décisions du président Trump, il analysait la situation dans chaque pays, de l’Iran à l’Arabie Saoudite, en passant par la Syrie, Israël et son cher Liban. N’hésitant pas à poser un diagnostic critique sur certaines erreurs de la diplomatie française dans cette région du monde.

En poste à Téhéran, je me souviens qu’au détour d’une conversation, j’annonçais à l’ambassadeur de France, la présence d’Antoine SFEIR en Iran, accompagnant des touristes français. Immédiatement Monsieur l’Ambassadeur me demanda, s’il accepterait d’improviser une conférence pour les Français résidant à Téhéran. Ce qu’Antoine accepta.

Il était comme ça Antoine, toujours chaleureux, parfois bougon, mais toujours prêt à transmettre et à convaincre, vous donnant, au sortir d’une conférence ou d’un entretien, l’impression parfois confuse, d’être un petit peu plus intelligent !

C’était un humaniste, fait de cet alliage précieux qui se forge au fil des épreuves, comme celle qui l’endura en 1976, lorsqu’il fut enlevé et torturé par des milices palestiniennes, en pleine guerre du Liban. Instantané de sa vie qu’il n’abordait qu’avec une extrême pudeur.

Le politologue, comme l’analyste politique, nous manquera bien sûr même si depuis quelques temps, l’instantanéité de l’information ayant pris le pas sur l’analyse de fond, il avait pris du recul vis-à-vis des médias.

Le conteur nous manquera aussi. Qui n’a pas assisté à ses conférences peut difficilement se rendre compte de l’emprise qu’il exerçait sur son auditoire.

L’écrivain nous manquera également. De « L’Orient compliqué » à « Islam contre Islam » en passant par « Lettre ouverte aux islamistes », Antoine SFEIR n’avait pas son pareil pour décortiquer et expliquer un problème ou une situation.

Mais surtout, c’est l’homme qui nous manquera.

Jean-Yves Tréguer

  (octobre 2018)                                                                                  

  

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Les Inconséquences du président Trump.

jyt

La décision du président Trump de sortir unilatéralement de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, même si elle était attendue n’en est pas moins brutale, aussi bien sur la forme que sur le fond, de par ses attendus.

Sur la forme, le président américain, fidèle à son image, a débité son texte, comme à son habitude, avec mépris, frisant l’indécence lorsqu’il s’adresse au « grand peuple iranien » qu’il s’apprête une fois encore à châtier…

Sur le fond, la sortie unilatérale (j’ai presque envie de dire pour convenance politique et/ou personnelle), d’un accord international, ratifié par l’ONU, la mise en place de sanctions extraterritoriales, visant principalement l’Europe, laissera une trace indélébile, dans les futures relations internationales des États-Unis.

Cette décision, a déjà entraîné des répercussions et pourrait en entrainer d’autres.

Régionales, déjà explicites avec les « accrochages » israélo-iraniens en Syrie, à partir du plateau du Golan.

Certains analystes argumentent sur la question « que fait l’Iran en Syrie » ?

Pour mémoire, d’une part, la Syrie et l’Iran ont un accord d’assistance réciproque depuis la guerre Irak-Iran, durant laquelle la Syrie était le seul pays allié de l’Iran et d’autre part le Golan, territoire syrien conquit par Israël lors de la guerre « des six jours » en juin 1967 et qui a fait l’objet en novembre 1967 de la résolution 242 de l’ONU, votée à l’unanimité et imposant la restitution à la Syrie, de cette partie de son territoire.

Faisant fi de cette résolution, Israël arguant de son droit à se défendre, a annexé le plateau du Golan en 1981. Au vu des décisions de l’ONU, on serait aussi en droit de se poser la question de la présence israélienne en Syrie.

Ces accrochages peuvent-ils déboucher sur une guerre directe entre Iran et Israël ?

Guerre verbale et psychologique, sans aucun doute. Mais une guerre militaire sur le sol syrien est à exclure, dans l’immédiat.

Premièrement, l’Iran sait pertinemment que les moyens militaires israéliens sont plus efficients que les siens, notamment dans le domaine aérien. S’il s’agissait de guerre militaire sur le sol iranien, ce serait autre chose, et là Israël sait qu’ils n’ont pas les moyens.

Deuxièmement, l’Iran n’a, pour le moment, aucun intérêt à aller vers une escalade, mais au contraire d’affirmer une « forme de paix », pour consolider ses positions de force au Liban, en Irak, en Syrie, voire au Yémen.   

Ce que cherche Israël, c’est à être protégé sur son territoire et ceux annexés, mais craint que l’Iran, grande nation historique de 80 millions d’habitants, ne devienne par ses implications libanaises et syriennes, une menace puissante contre sa politique palestinienne.

Ce n’est pas, comme ils viennent de le faire à Gaza, en rajoutant de l’humiliation sur de l’humiliation, qui par effet mécanique engendrera de la haine sur de la haine, qu’Israël prend le chemin de la paix !!

C’est là que se situe le point de convergence des intérêts israéliens, saoudiens et américains : affaiblir au maximum la puissance économique iranienne.

C’est sur quoi parie le président Trump. Il pense être plus fort que ses prédécesseurs et doit estimer qu’avec le rétablissement de sanctions économiques « durcies », il sera à même de faire plier l’Iran et d’entrainer l’effondrement du régime.

Sous couvert d’anonymat un diplomate français déclarait récemment à Bruxelles :

« Le temps est venu de demander aux Américains, si leur objectif final est que les Iraniens renoncent à leur programme nucléaire ou si c’est de se débarrasser du régime ».

Face à la résilience chiite, le pari est, à minima, osé !!

Quelles seront les conséquences pour les relations économiques américano-européennes ?

La question qui doit être posée, est celle de la capacité de l’Europe à se défendre face aux « oukases » économiques américaines, dont les sanctions extraterritoriales sur l’Iran, ne sont pas les premières. Il y a deux mois le président Trump annonçait une augmentation des tarifs douaniers américains sur l’acier et l’aluminium européen, (mais peut-être que si l’Europe se plie à sa volonté sur l’Iran, pourrait-il faire un effort sur l’acier et l’aluminium !)

Sans oublier son retrait de la COP 21, qui peut aussi être considéré comme un élément de guerre économique.

Dans sa capacité à se défendre, l’Europe doit intégrer un paramètre qui est celui de la « toute-puissance » donnée au dollar américain, non seulement dans les domaines pétroliers et aéronautiques, mais d’une façon plus globale dans les échanges internationaux.

Dans le champ des transactions pétrolières, il sera très difficile de contourner le dollar, l’OPEP en ayant fait sa monnaie de référence et d’échanges. Comme dans le cadre des sanctions américaines, l’Europe se verrait de nouveau interdite d’acheter du pétrole iranien, un groupe comme TOTAL sera pénalisé, au même titre que les autres pétroliers européens.

Mais pour les autres transactions, même aéronautiques, il serait grand temps que l’Europe ouvre les yeux et se serve des outils dont elle dispose, et en premier lieu l’EURO.

L’Europe est le premier marché mondial (deuxième en termes de PIB) et si la volonté politique voulait bien se mettre en place, il ne lui serait pas trop difficile d’imposer l’EURO dans ses transactions.

L’Europe pourrait aussi envisager de contrer les sanctions américaines en recourant à des dispositifs qui permettraient aux entreprises européennes, de ne pas se soumettre à des réglementations sur des sanctions prises par des pays tiers.

Par exemple, par le biais d’une directive européenne, c’est-à-dire un texte de loi national et européen, qui aurait pour objet d’autoriser les entreprises européennes à ne pas se conformer à la législation américaine, que celle-ci soit imposée par « l’Office of Foreign Assets Control » ou par le Trésor américain.

Ceci a déjà était fait en 1996, lorsque la législation américaine, dans le cadre du blocus sur Cuba, voulait interdire aux pays européens d’acheter du gaz russe.

Autre exemple, en se dotant d’outils financiers indépendants qui garantiraient les activités commerciales de l’U.E., là où elle l’aurait décidé.

Par exemple en mettant en place une messagerie bancaire européenne, sécurisée, qui serait une alternative au SWIFT (d’origine européenne, mais « fagocité » aujourd’hui par la finance américaine).

Pourquoi ne pas saisir, la Commission Européenne, le Parlement Européen et la Banque Centrale Européenne, sur de tels dispositifs ?

Le principe des sanctions extraterritoriales, quel que soit le pays visé, devrait être considéré comme inacceptable par la communauté internationale.

Les Européens n’ont pas à être pénalisé, pour le non-respect par les Etats-Unis, d’un accord international dans lequel leur signature était engagée.

Souvenons-nous que déjà, en 2012 et 2013, Peugeot puis Renault avaient été « sommés » par les américains, de cesser toutes activités en Iran. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement français de l’époque n’avait pas mis beaucoup d’empressement à défendre ces deux sociétés, ce qui avait entraîné la destruction de plusieurs milliers d’emplois.Les relations économiques irano-européennes sont suspendues à la capacité dont fera preuve l’Europe, pour neutraliser ces sanctions et poursuivre le processus de Vienne avec les autres signataires, que sont la Chine et la Russie.

Au-delà de l’aspect économique pour l’Europe, il faut également que le gouvernement iranien, et principalement le président Rohani, y trouve son compte, en matière de retombées économiques et d’investissements, pour son pays.

Ceci, afin de pouvoir faire échec à la pression des conservateurs qui, à l’intérieur du régime iranien, se sont toujours opposés à cet accord.

C’est la raison pour laquelle, je ne pense pas que la renégociation de l’accord de Vienne soit la bonne solution, tel que le suggère la France.

Un accord, lorsqu’il a été signé, est le résultat d’un compromis sur des négociations qui ont duré plusieurs mois, parfois plusieurs années. Chaque partie à l’accord, est à la fois gagnante et perdante.

Par contre, négocier un nouvel accord, relatif au balistique iranien et à son implication régionale est tout à fait possible. Mais il doit s’agir d’un nouveau chapitre, et non pas de « détricoter » l’accord de Vienne.

Si une telle hypothèse se concrétisait, quel signal serait envoyé à Washington par les Européens !!

Par sa décision unilatérale, le président Trump lance un défi aux Européens :

        « Se coucher et suivre les États-Unis, ou s’affirmer et s’y opposer »

L’Europe a besoin de conscience, de cohérence, et en prenant cette décision, le président Trump ouvre aux Européens, une opportunité pour exister et agir.

Si nous ne la saisissons pas, les iraniens n’auront pas d’autre choix que de reprendre leur course vers le nucléaire !

C’est peut-être (sans doute) ce que cherche le président Trump, pour s’offrir l’opportunité, de frapper militairement l’Iran.

Bon courage à lui !

Jean-Yves Tréguer

 (20 mai 2018)

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