Le Mouvement Démocrate du 56

Le Mouvement Démocrate du 56

Nos Écrits

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Réflexions sur les crises induites par le Covid-19.

La pandémie, due au Covid-19, que nous traversons, mène à quelques réflexions que je prends le temps de vous soumettre, notamment les crises que cette pandémie va très certainement entraîner.

Je dis bien des crises, parce que telles des « poupées gigognes » elles se révèleront les unes après les autres.

Il y a d’abord la crise sanitaire, que nous n’avons pas vu venir, il faut le dire, et face à laquelle le meilleur et le pire servent de révélateur à l’âme humaine.

Le pire, inspiré par la peur, peut dans sa démonstration minimale, se caractériser par un réflexe égoïste de type supermarché, allant jusqu’à prendre dans le caddy d’autrui, ce que l’on ne trouve plus en rayon.

Le pire est aussi égoïste lorsqu’il peut se résumer par la formule : TPMGTDS, (je traduis « Tout pour ma gue…tout de suite ») surtout quand cet égoïsme s’appuie sur la défense des libertés individuelles, dans un moment où le collectif devrait être notre priorité.

Le pire ce sont aussi les réseaux sociaux et leurs « infox », délivrées à flux tendu par les : « y a qu’à », « faut qu’on » et autres « y avait qu’à ».

Si la situation n’était pas aussi dramatique, j’oserais dire :

« Si le corona virus pouvait détruire les égos et la bêtise, il ferait œuvre de salubrité publique ».

Mais le pire devient abject, lorsqu’il prend la forme de dénonciations par celles et ceux qui aujourd’hui stigmatisent des soignant(e)s et qui, à une autre époque, auraient fait d’excellents « collabos » !

Heureusement, le meilleur est non seulement présent, mais largement majoritaire.

Et le meilleur c’est en premier lieu, tout le personnel médical, quelle que soit sa fonction ou sa tâche.

Il est aussi réconfortant de voir la mise en place de toutes sortes de chaînes de solidarité, allant de la garde des enfants de soignant(e)s, en passant par la réalisation de visières ou de masques, dont nous ne disposions plus à cause d’une négligente et médiocre décision comptable.

Le meilleur ce sont aussi les dons en nourriture que beaucoup de restaurateurs préparent, à partir de leurs propres stocks et mettent à disposition des soignants ou d’associations caritatives, ce sont aussi des logements que l’on « découvre », pour les sans-abris.

Après la crise sanitaire, nous devrons faire face à une crise économique sans précédent, de laquelle nous allons mettre des années à sortir et qui, malheureusement, fera sans doute plus de victimes que le covid-19 lui-même !

Pour en sortir, diverses solutions s’offrent à nos dirigeants, au niveau national mais aussi, et j’y reviendrai, au niveau européen. J’en retiendrai deux.

La première consisterait, dès la sortie du confinement à essayer, sur un modèle quasi analogue à celui « d’avant », de rattraper, en partie, le retard économique induit par la crise sanitaire.

Une telle hypothèse, (fléchée pour certaines parties de l’appareil productif, mais qui ne pourrait concerner certaines professions comme, par exemple coiffeurs, restaurateurs, etc..), nécessiterait une augmentation de la durée hebdomadaire du travail, limitée dans le temps.  

Durée hebdomadaire du travail, donc remise en cause des 35 heures, sous conditions qu’au-delà de 35 heures, les heures soient payées en heures supplémentaires défiscalisées (charges et impôt), tant pour l’employeur que pour l’employé.

Ceci aurait pour effet d’augmenter le pouvoir d’achat et de faire une relance de l’économie par la demande, sous conditions que l’offre, nationale et/ou européenne, soit également au rendez-vous, et endigue, autant que faire se peut, l’importation des produits, chinois et/ou asiatiques.

La seconde consisterait en une remise en cause du modèle « d’avant » et de profiter de cette crise économique pour le changer et aller vers des solutions plus économes en énergie, entraînant moins de délocalisations, avec remise en cause de l’appareil productif mondial actuel et de son « Management des chaînes logistiques » (SUPPLY CHAIN).

Cette remise en cause, de mon point de vue, entraînerait de facto une « dépression » de l’appareil productif et serait génératrice de destruction d’emplois, donc de chômage de masse à gérer, le temps que notre appareil productif se réorganise et s’adapte à une nouvelle économie d’un type « Green Deal » par exemple.  

Quel que soit la solution, et d’autres que les deux exposées ici peuvent exister, il faudra en trouver une qui se différencie de celle d’avant, elle nécessitera des efforts financiers énormes, que seule la dette sera en mesure de supporter et qui ne pourra être que « collective ».

Par « collective », j’entends européenne parce que l’immensité des coûts à supporter, pour les uns, comme pour les autres, ne pourra se faire que par une mutualisation à l’échelle de l’Europe.

Une Europe qui a déjà prise des décisions importantes (500 milliards €) garantis par le MES (Mécanisme Européen de Stabilité), mais qui devra aller plus loin, lors de la réunion des présidents et chefs de gouvernement le 23 avril.

Pour ma part, j’aurais préféré un emprunt européen pour mutualiser l’ensemble de la dette européenne induite par cette crise sanitaire, de type « eurobonds » ou autres, qui aurait permis à l’Europe de mutualiser ses défis, objectifs et pourquoi pas organisations.

 

Je suis conscient, que nous au MoDem, avons toujours lutté contre la dette.

Néanmoins, certains économistes s’accordent sur le fait que dans un groupe partageant la même monnaie, l’important est que les écarts d’endettement entre les différents membres du groupe, ne se creusent pas.

Or, avec la crise sanitaire du covid-19, tous les pays de la zone euro vont devoir s’endetter pour relancer leurs économies, ce qui ne devrait pas créer de tensions supplémentaires au sein de l’Eurogroupe, par le fait que les « deltas » d’endettement observeraient les mêmes constantes.

Quelle que soit la solution qui sera retenue, il est probable que cette crise économique débouchera sur une crise sociale majeure, dont les « nationaux-populistes » chercheront à tirer profit.

Certains indices laissent déjà filtrer que quelques groupes manipulés par l’extrême-droite comme l’extrême-gauche, se prépareraient pour l’après confinement.

Il faudra que la classe politique, dans son ensemble, soit vigilante dans ses propos, parce que les « y avait qu’à » vont fleurir, et il sera très facile de mettre le feu aux poudres dans une démarche politicienne et démagogique.

Dans le cas contraire, les égoïsmes reprendront le dessus, là où le collectif serait primordial, pour réduire, autant que faire se peut, l’impact de cette pandémie pour notre futur commun.

Jean-Yves Tréguer

15 avril 2020

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(ci-dessous un résumé de la visioconférence qui s'est tenue vendredi soir entre la direction du MoDem national et les présidents et délégués départementaux )

François Bayrou fait l'introduction 

Il s’agit d’une épidémie d’importance mondiale, qui aura des conséquences sociétales lourdes au-delà de la crise sanitaire et de la crise économique qui s’en suivra, qui est sans horizon perceptible.

Le confinement risque de durer et la classe politique sera soumise à une pression énorme.

(La parole est donnée à Marc FESNEAU, pour faire un point sur les ordonnances en cours de débats à l’A.N. et au Sénat)

40 « Ordonnances » seront débattues et votées au cours du weekend, au plus tard pour dimanche soir 22 mars.

Le Sénat souhaitait un dépôt des listes pour le 2ème tour des municipales au plus tard pour le 31 mars ce que l’A.N. a refusée.

(Jacqueline GOURAULT demande la parole pour indiquer qu’en ce vendredi soir, elle a l’impression que la population commence à prendre conscience de l’épidémie mais que les mouvements politiques d’opposition ne se comportaient pas bien et qu’il faudrait que le MoDem « s’identifie » dans ce contexte.

Questions / réponses non exhaustives

Question :  Quelles aides seront apportées aux commerçants et artisans, touchés de plein fouet par cette crise ?

Réponse de F.B. :  à la mairie de Pau, j’ai mis des fonds à la disposition des indépendants pour les aider à passer le cap.

Question :

L’inquiétude économique est réelle.

Il y a un flou entre le discours qui consiste à dire « ne sortez pas » et celui qui affirme qu’il faut aller travailler pour maintenir l’économie du pays à flot.

Qu’en pensez-vous ? 

Question :

Quid des très petites entreprises qui ne sont pas de première nécessité, exemple BTP, et qui ne bénéficieront pas de la subvention des 1500 euros car non créés en Mars 2019 ?

Réponses :

Pour les entreprises essentielles à l'économie de "guerre" (exemple la production agricole, le transport, ou la distribution alimentaire), gros risques liés à l'absentéisme actuellement exponentiel : manque de main d'œuvre, et coût de l'absentéisme insurmontable (50% à la charge de l'employeur).

La solution la plus "simple" et la moins risquée pour l'entrepreneur pourrait devenir le chômage technique, ce qui serait absurde pour l'intérêt général.

Question :

Je me fais aussi le relais de questions émanant de candidats MoDem en cas de report du délai de dépôt des listes à l’après 15 mai (date du rapport du conseil scientifique) avec hypothèse second tour fin juin. Le gouvernement compte t’il annoncer une suspension réelle et effective de la campagne pour éviter un entre-deux tours à durée indéterminée ?

 

Question :

Si dépôt des listes en juin admettons, il faut veiller à ce qu’il ne soit pas possible pour une tête de liste de déposer une liste avec des colistiers non présents au second tour.

Question :

Pour ce qui est des comptes de campagne a-t-on une idée de ce que les décrets vont prévoir ?

Question :

Comment ça va se passer dans les communes de moins de 9000 habitants où les candidats financent la campagne avec leurs deniers personnels ?

Question :

Bonjour, de plus en plus de monde demande l'annulation du 1er tour (quel que soit les résultats) du fait d'une abstention notamment due au coronavirus. Quelle est la position du MoDem, pro ou contre l'annulation du 1er tour ?

Réponses :

  • Il est vrai que nous nous posons des questions sur ces élections et en particulier sur ce deuxième tour, mais quelques rumeurs s’installent nous disant que compte tenu des délais même le premier tour soit remis en question, sauf pour les conseils municipaux élus au 1er tour.
  • Je suis d'accord, il faut refaire les deux tours pour les conseils non élus. La sincérité du scrutin est atteinte.

Je suis très inquiet de la situation politique du pays. La situation mériterait l'unité nationale mais on voit bien que cette unité est déjà rompue.

Est-on prêt à affronter le combat politique que vont nous livrer nos opposants ?

Beaucoup de français reprochent aux politiques et au gouvernement d'avoir maintenu le 1er tour. Pouvez-vous nous indiquer comment cela a-t-il été décidé et quel a été le rôle exact de l'opposition ?

 

Merci pour cette « première », même si un peu compliqué, avec 80 personnes en visioconférence. 

En attendant la prochaine, où nous essaierons de faire mieux et en particulier de répondre à toutes vos questions .  Prenez soins de vous toutes et tous.

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JYT

 Parti Pris...

Comme un « marronnier » journalistique, le temps des élections municipales revient tous les six ans et durant les six mois qui les précèdent, tel un « départ de marathon » c’est la bousculade !!

La majorité sortante du conseil municipal met en avant son bilan, ses réalisations, et ses projets pour la future mandature.

Son opposition s’oppose, rien de plus normal, parle d’un bilan catastrophique, de réalisations ratées, quant aux projets futurs, ils sont toujours dispendieux, opaques, mal ficelés, en un mot « pourrait mieux faire », sous-entendu « nous » !

Comment peut-on dans une ville, au hasard disons Vannes, analyser le mandat qui se termine, se projeter sur le futur et déterminer, non pas ce qui serait le mieux pour les vannetais et les vannetaises, c’est basique :

Mais qui, comment et pourquoi ?

Reprenons le fil des derniers mois et examinons ce qui s’est passé à partir des élections européennes pour lesquelles, hormis quelques exceptions, il fût difficile, et c’est un euphémisme, de faire campagne commune avec LREM dans le Morbihan. Pourtant et heureusement, chacun avec ses couleurs et ses convictions, nous sommes arrivés à ce que notre liste commune « Renaissance » obtienne un bon résultat.

Le 15 juin 2019, au deuxième tour du vote de l’élection du président de notre fédération Modem 56, Mohamed Azgag fut élu avec 66% des suffrages.

Le 29 juin 2019, il présida son premier conseil départemental, au cours duquel un point de situation fut fait à propos des Municipales 2020 :

Extrait du compte rendu de ce conseil départemental :

« Sur Vannes, le président et le délégué départemental, rencontreront prochainement

LREM (candidat déclaré et référente départementale) pour échanger leurs points de vue sur la situation vannetaise. Une démarche similaire s’opérera vis-à-vis du maire sortant. »

Candidat à la candidature depuis de nombreux mois, Patrick Le Mestre était investi le 1er juillet 2019 par LREM, candidat pour les municipales de Vannes, sans aucune proposition de rencontre ou information préalable auprès des instances du MoDem Morbihan… malgré ses déclarations à la presse :

Le Télégramme 2 juillet 2019

Il déclarait : « avoir noué il y a plusieurs mois des contacts avec Armelle Séité-Salaün (l’ex présidente du MoDem, depuis décédée), et je compte voir Mr Azgag ».

Ouest-France 2 juillet 2019

Il déclarait vouloir prochainement rencontrer Mohamed Azgag, à la tête du MoDem 56 depuis le 15 juin.

Le délégué départemental du MoDem a tenté, en vain, à plusieurs reprises d’entrer en contact avec la déléguée nommée de LREM, qui pourtant annonçait, le jour de sa déclaration de candidature à l’investiture, pour briguer la mairie de Pontivy, face à la maire MoDem sortante :

« Être en contact régulier avec le MoDem 56 » Ouest-France le 26 juin 2019

De même, le président de notre mouvement départemental, a vainement attendu un signal du candidat déclaré de LREM, pour un premier échange de vues sur la situation vannetaise pour déterminer quelles pourraient être, les plus-values et vision à moyen et long terme du MoDem aux projets locaux.

En parallèle, et dans le respect qu’on doit à un élu avec lequel le Modem avait noué un accord de gouvernance en 2014, président et délégué départemental ont rencontré David Robo, le maire de Vannes.

Le constat, partagé par de nombreux observateurs, du développement équilibré de la ville de Vannes, de son attractivité et de sa gestion bien maîtrisée permettaient en effet d’évoquer avec lui, sans engagement prématuré de la part du Modem, la pertinence du renouvellement de l’accord de mandature.

En accord total avec les instances nationales du MoDem, nous considérons que dans une élection municipale, en dehors de toute étiquette politique, ce qui importe c’est la convergence de projets en adéquation avec les perspectives à moyen et long terme que l’on souhaite pour sa ville.

Ceci étant acquis, vient le moment de décider quelle équipe sera la plus à même de mener à bien cette convergence de projets.

A cet effet, Jean-Noël Barrot, secrétaire national du MoDem déclarait au journal La Croix le 19 juillet 2019

« Les investitures officielles du MoDem ne seront pas dévoilées avant l’automne, pour permettre au mouvement de s’aligner sur les décisions des maires sortants, traditionnellement plus tardives que les déclarations des nouveaux postulants.

À ce moment-là, certains parmi les 200 chefs de file désignés, deviendront têtes de liste étiquetées MoDem. D’autres rejoindront des listes de rassemblement, que ce soit avec LREM ou avec d’autres partis tantôt à droite, tantôt à gauche, comme le mouvement de François Bayrou l’a toujours fait pour ce genre de scrutins ».

Un calendrier et une méthode qui se distinguent nettement de LREM, dont la commission nationale a déjà investi 62 candidats officiels, précisait la journaliste de La Croix, et Jean-Noël Barrot de poursuivre :

« Ce sont des élections essentiellement locales, il est évident que dans certains cas résiduels nous ne nous retrouverons pas avec LREM ».

C’est d’ailleurs lors de ces désignations que sont venus les premiers désaccords avec le MoDem, comme à Vannes ou Clermont-Ferrand, soulignait la journaliste.

 La Croix 19 juillet 2019

Le 14 septembre 2019, nous apprenions par la presse locale que la veille au soir, LREM et son candidat Patrick Le Mestre, avaient tenu leur première réunion de lancement de campagne au Palais des Arts de Vannes.

Les instances départementales de la Fédération MoDem du Morbihan confirment n’avoir été, ni informées, ni invitées à cette réunion de lancement, par les instances départementales de LREM.

Partant de ces différents constats, nous en avons conclu que, concernant la ville de Vannes, les instances départementales de LREM n’avaient nul besoin du concours du MoDem, et qu’il était donc préférable de renouveler et poursuivre notre accord de mandature avec David Robo.

« Un maire ce n’est pas un enjeu partisan, c’est quelque chose d’autre. C’est une personnalité, une attention à ses concitoyens, une vision, et ça ne peut pas se résumer à un combat d’étiquette. »

(François Bayrou Université de Rentrée de LREM à Bordeaux le 8 septembre 2019).

Jean-Yves Tréguer 

(26 septembre 2019)

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Retour en images sur l'Université de Rentrée 2019 à Guidel

Comme tous les ans, depuis 8 ans, la  Bretagne accueillait l’Université de Rentrée du MoDem.

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L’accueil breton, où tout le monde se ruait sur les crêpes : GRAND ÉLU, députe(é)s, cadres éminent(e)s du MoDem de France et de Navarre...

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En salle plénière

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                                                                                                   FR3 Bretagne                                                           

                              

                          

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LE MODEM DU MORBIHAN EST EN DEUIL

                                                                                                                        

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                                                         La Fédération morbihannaise du Mouvement Démocrate, qu’elle présidait depuis un an, est sous le choc de la disparition de sa                                                                                                                                                Présidente, Armelle SEITE-SALAÜN, survenue ce 9 décembre.

Universitaire de grande qualité, titulaire d’un doctorat de littérature du XVIIIe siècle, Armelle avait commencé son parcours professionnel à Lille, dans le secondaire et le supérieur, en tant que professeur agrégée de lettres modernes, puis à l’UFR de lettres, langues, sciences humaines et sociales de Lorient. Elle terminera une vie au service de la jeunesse à l’IUT de Vannes, enseignant la communication au département Gestion des entreprises et des administrations (GEA), où elle fut choisie comme directrice adjointe de l’IUT, coordinatrice des relations internationales, jusqu’à une retraite bien méritée en 2016.

Son investissement dans la transmission des valeurs humanistes avait guidé sa vie de pédagogue. Elle continuait à sensibiliser les étudiants au message européen, organisant des voyages d’étude au Parlement Européen pour faire rencontrer étudiants et acteurs de la vie européenne (ainsi elle avait obtenu que ses élèves soient reçus par la députée Modem Nathalie Griesbeck, en 2017).

Particulièrement en phase avec le message humaniste et européen du Modem, elle avait tout naturellement intégré notre mouvement en 2014. Militante des plus actives, elle avait assuré auprès du président Jean-Yves Tréguer, pendant deux ans, la fonction de vice-présidente. En novembre 2017, lors du renouvellement statutaire de notre Conseil départemental, elle avait su fédérer autour d’un programme ambitieux l’ensemble de nos adhérents et assurait avec dynamisme, jusqu’à la veille de son décès, la présidence de notre Fédération.

Par ailleurs très investie dans les combats pour l’Égalité Femmes/Hommes, elle avait été élue présidente du Comité morbihannais et a été l’une des cinq fondateurs de la Maison de l’Europe du Morbihan-Bretagne Sud, dont elle fut la première présidente.

Il y a moins d’un mois, elle accueillait à Vannes, au nom de notre mouvement, l’économiste Pierre Larrouturou, lors de la conférence-débat «crise climatique, crise sociale, crise de l’Europe…

jyt
       Une grande voix de l’engagement humaniste et européen va manquer, comme l’a souligné dans son message d’adieu

Marc Fesneau, Ministre des Relations avec le Parlement, qui vient de nous assurer de son soutien et de son affection.

Les adhérents du MODEM 56 et ceux des fédérations amies des départements de la Bretagne historique partagent la peine

de Daniel, son mari, d’Yves-Marie, son fils, de sa mère et de toute sa famille, auxquels ils présentent leurs plus sincères condoléances.

Guillaume MORIN Vice-Président

Jean-Yves TRÉGUER, Délégué départemental

au nom de l’ensemble du Conseil Départemental Modem 56 

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A Vannes, le 17 novembre, une conférence sur le climat a redonné espoir en esquissant quelques solutions.

jyt

Certes Pierre Larrouturou a tiré le même constat pessimiste que les experts du GIEC  (Groupe d’experts intergouvernemental pour le climat (GIEC) (en anglais : IPCC- Intergovernmental Panel on Climate Change ), mais il a donné des pistes d’espoir. Avec  le climatologue Jean Jouzel, il multiplie les interventions devant les gouvernements, en France, à l’Assemblée nationale où la commission du développement durable l’a auditionné.

Lui aussi a montré comment tout est lié : l’appauvrissement,  l’apport de produits toxiques pour l’homme mais qui épuisent la terre, comme un certain type d’agriculture,  le problème de l’eau, et la manière dont dès le départ, on en perd une partie.

Les émissions à effets de serre, le réchauffement ou plutôt le dérèglement climatique, si cher en vie humaine et nuisible à une agriculture responsable nous ont été expliqués ;

Pour chaque point, une solution est esquissée, chiffrée.  Pierre Larrouturou nous en indique les financeurs.

Sa démarche est originale : il ne se contente pas de dénoncer.

Son grand projet ?

Doter l’Union européenne d’un budget climat, charger la Banque européenne d’investissement (BEI) de financer des projets pour la transition énergétique ou encore aider massivement les pays d’Afrique : ce sont les propositions d’un ambitieux “pacte finance-climat” européen, qui a été  présenté à Paris à l’Unesco.

Le projet est porté entre autres par le climatologue Jean Jouzel

“L’Europe a besoin de montrer qu’on peut lutter de manière radicale pour sauver le climat”, au moment où les États-Unis se retirent de l’Accord de Paris sur le climat, a expliqué Pierre Larrouturou.

“Il faut un nouveau projet à l’Union européenne, qui redonne du sens à l’aventure”, a-t-il poursuivi.

Ce plan prévoit de charger la BEI (Banque Européenne d’Investissement) d’un volet développement durable, “chargée de fournir aux États membres des financements à taux zéro (1000 milliards par an, création monétaire de la BCE) qui seront intégralement utilisés pour la transition énergétique”, selon la présentation. “Chaque État aurait un droit de tirage annuel correspondant à 2% de son PIB”. Ce qui ferait environ 45 milliards par an pour la France.

Ceci permettrait par exemple d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments de manière massive, alors que ce secteur est le plus consommateur d’énergie en France devant les transports, a expliqué l’économiste.

Ce pacte, qui serait mis en œuvre dès 2020, propose de “créer un vrai budget climat au niveau européen, doté de 100 milliards d’euros chaque année” et d’”augmenter très nettement l’aide aux pays d’Afrique et du pourtour méditerranéen (40 milliards de dons chaque année) ou encore d’”investir massivement dans la recherche”.

Les ressources nécessaires seraient trouvées via “une contribution climat de 5%” sur les bénéfices des entreprises non réinvestis, la taxe sur les transactions financières et la taxe sur le CO2.

Du prince Albert de Monaco au patron de la Confédération européenne des syndicats Rudy de Leeuw, en passant par l’ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, beaucoup ont signé. Ont été également signataires, des économistes (James Galbraith, Tim Jackson, Alain Grandjean), des politiques, de toute obédience, A. Juppé pour Bordeaux, , M Aubry pour Lille , C. Estrosi pour Nice.

Dans le Morbihan ont signé 5 députés, J Pahun, Nicole Le Peih, Hervé Pellois, G Rouillard, Paul Molac.

De nombreuses communes ont fait des votes de soutien unanime, dont la commune de Sainte-Hélène.

Ni catastrophiste, ni alarmiste, ni sans pragmatisme, il voulait  orienter cette soirée vers un signature citoyenne.

Hélène Danel, qui animait a expliqué la portée de cette signature (seules 4 personnes ont refusé de voter).

Il a obtenu près de 250 signatures. 

Hélène Danel

(17 novembre 2018)

https://www.pacte-climat.eu/fr/

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Antoine SFEIR est parti….

   

jyt

Il y a une semaine Antoine SFEIR nous quittait, succombant au cancer qui le minait depuis plusieurs années.

Jusqu’au bout de son épreuve, il n’aura rien voulu céder à la maladie, ni changer ses habitudes, continuant à fumer ses « Gitanes » comme si rien ne devait l’atteindre.

La dernière fois que j’ai rencontré Antoine, c’était début juin dernier à Paris. M’informant, comme on le fait avec un ami, de l’évolution de sa santé, il évacua le sujet en deux minutes, pour échanger nos points de vue sur la situation aux Proche et Moyen-Orient.

« Antoine SFEIR était un passeur entre deux mondes, l’Orient et l’Occident », a réagi François Bayrou à l’annonce de son décès.

Nous nous souvenons tous de ses interventions aux Universités de Rentrée du MoDem à Guidel où, avec pédagogie, il disséquait, expliquait et analysait les grands défis engendrés par les conflits moyen-orientaux, qu’ils soient militaires ou religieux. Interventions, qui toujours, se terminaient en " standing ovation".

Nous nous souvenons tous de cette soirée du 20 octobre 2009 à Vannes où, ayant raté son train pour une question de correspondance, il prit un taxi pour faire Paris Vannes, afin d’honorer, même avec deux heures de retard, la conférence qu’il s’était engagé à donner.

Avec une précision chirurgicale, « tempêtant » contre les décisions du président Trump, il analysait la situation dans chaque pays, de l’Iran à l’Arabie Saoudite, en passant par la Syrie, Israël et son cher Liban. N’hésitant pas à poser un diagnostic critique sur certaines erreurs de la diplomatie française dans cette région du monde.

En poste à Téhéran, je me souviens qu’au détour d’une conversation, j’annonçais à l’ambassadeur de France, la présence d’Antoine SFEIR en Iran, accompagnant des touristes français. Immédiatement Monsieur l’Ambassadeur me demanda, s’il accepterait d’improviser une conférence pour les Français résidant à Téhéran. Ce qu’Antoine accepta.

Il était comme ça Antoine, toujours chaleureux, parfois bougon, mais toujours prêt à transmettre et à convaincre, vous donnant, au sortir d’une conférence ou d’un entretien, l’impression parfois confuse, d’être un petit peu plus intelligent !

C’était un humaniste, fait de cet alliage précieux qui se forge au fil des épreuves, comme celle qui l’endura en 1976, lorsqu’il fut enlevé et torturé par des milices palestiniennes, en pleine guerre du Liban. Instantané de sa vie qu’il n’abordait qu’avec une extrême pudeur.

Le politologue, comme l’analyste politique, nous manquera bien sûr même si depuis quelques temps, l’instantanéité de l’information ayant pris le pas sur l’analyse de fond, il avait pris du recul vis-à-vis des médias.

Le conteur nous manquera aussi. Qui n’a pas assisté à ses conférences peut difficilement se rendre compte de l’emprise qu’il exerçait sur son auditoire.

L’écrivain nous manquera également. De « L’Orient compliqué » à « Islam contre Islam » en passant par « Lettre ouverte aux islamistes », Antoine SFEIR n’avait pas son pareil pour décortiquer et expliquer un problème ou une situation.

Mais surtout, c’est l’homme qui nous manquera.

Jean-Yves Tréguer

  (octobre 2018)                                                                                  

  

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Les Inconséquences du président Trump.

jyt

La décision du président Trump de sortir unilatéralement de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, même si elle était attendue n’en est pas moins brutale, aussi bien sur la forme que sur le fond, de par ses attendus.

Sur la forme, le président américain, fidèle à son image, a débité son texte, comme à son habitude, avec mépris, frisant l’indécence lorsqu’il s’adresse au « grand peuple iranien » qu’il s’apprête une fois encore à châtier…

Sur le fond, la sortie unilatérale (j’ai presque envie de dire pour convenance politique et/ou personnelle), d’un accord international, ratifié par l’ONU, la mise en place de sanctions extraterritoriales, visant principalement l’Europe, laissera une trace indélébile, dans les futures relations internationales des États-Unis.

Cette décision, a déjà entraîné des répercussions et pourrait en entrainer d’autres.

Régionales, déjà explicites avec les « accrochages » israélo-iraniens en Syrie, à partir du plateau du Golan.

Certains analystes argumentent sur la question « que fait l’Iran en Syrie » ?

Pour mémoire, d’une part, la Syrie et l’Iran ont un accord d’assistance réciproque depuis la guerre Irak-Iran, durant laquelle la Syrie était le seul pays allié de l’Iran et d’autre part le Golan, territoire syrien conquit par Israël lors de la guerre « des six jours » en juin 1967 et qui a fait l’objet en novembre 1967 de la résolution 242 de l’ONU, votée à l’unanimité et imposant la restitution à la Syrie, de cette partie de son territoire.

Faisant fi de cette résolution, Israël arguant de son droit à se défendre, a annexé le plateau du Golan en 1981. Au vu des décisions de l’ONU, on serait aussi en droit de se poser la question de la présence israélienne en Syrie.

Ces accrochages peuvent-ils déboucher sur une guerre directe entre Iran et Israël ?

Guerre verbale et psychologique, sans aucun doute. Mais une guerre militaire sur le sol syrien est à exclure, dans l’immédiat.

Premièrement, l’Iran sait pertinemment que les moyens militaires israéliens sont plus efficients que les siens, notamment dans le domaine aérien. S’il s’agissait de guerre militaire sur le sol iranien, ce serait autre chose, et là Israël sait qu’ils n’ont pas les moyens.

Deuxièmement, l’Iran n’a, pour le moment, aucun intérêt à aller vers une escalade, mais au contraire d’affirmer une « forme de paix », pour consolider ses positions de force au Liban, en Irak, en Syrie, voire au Yémen.   

Ce que cherche Israël, c’est à être protégé sur son territoire et ceux annexés, mais craint que l’Iran, grande nation historique de 80 millions d’habitants, ne devienne par ses implications libanaises et syriennes, une menace puissante contre sa politique palestinienne.

Ce n’est pas, comme ils viennent de le faire à Gaza, en rajoutant de l’humiliation sur de l’humiliation, qui par effet mécanique engendrera de la haine sur de la haine, qu’Israël prend le chemin de la paix !!

C’est là que se situe le point de convergence des intérêts israéliens, saoudiens et américains : affaiblir au maximum la puissance économique iranienne.

C’est sur quoi parie le président Trump. Il pense être plus fort que ses prédécesseurs et doit estimer qu’avec le rétablissement de sanctions économiques « durcies », il sera à même de faire plier l’Iran et d’entrainer l’effondrement du régime.

Sous couvert d’anonymat un diplomate français déclarait récemment à Bruxelles :

« Le temps est venu de demander aux Américains, si leur objectif final est que les Iraniens renoncent à leur programme nucléaire ou si c’est de se débarrasser du régime ».

Face à la résilience chiite, le pari est, à minima, osé !!

Quelles seront les conséquences pour les relations économiques américano-européennes ?

La question qui doit être posée, est celle de la capacité de l’Europe à se défendre face aux « oukases » économiques américaines, dont les sanctions extraterritoriales sur l’Iran, ne sont pas les premières. Il y a deux mois le président Trump annonçait une augmentation des tarifs douaniers américains sur l’acier et l’aluminium européen, (mais peut-être que si l’Europe se plie à sa volonté sur l’Iran, pourrait-il faire un effort sur l’acier et l’aluminium !)

Sans oublier son retrait de la COP 21, qui peut aussi être considéré comme un élément de guerre économique.

Dans sa capacité à se défendre, l’Europe doit intégrer un paramètre qui est celui de la « toute-puissance » donnée au dollar américain, non seulement dans les domaines pétroliers et aéronautiques, mais d’une façon plus globale dans les échanges internationaux.

Dans le champ des transactions pétrolières, il sera très difficile de contourner le dollar, l’OPEP en ayant fait sa monnaie de référence et d’échanges. Comme dans le cadre des sanctions américaines, l’Europe se verrait de nouveau interdite d’acheter du pétrole iranien, un groupe comme TOTAL sera pénalisé, au même titre que les autres pétroliers européens.

Mais pour les autres transactions, même aéronautiques, il serait grand temps que l’Europe ouvre les yeux et se serve des outils dont elle dispose, et en premier lieu l’EURO.

L’Europe est le premier marché mondial (deuxième en termes de PIB) et si la volonté politique voulait bien se mettre en place, il ne lui serait pas trop difficile d’imposer l’EURO dans ses transactions.

L’Europe pourrait aussi envisager de contrer les sanctions américaines en recourant à des dispositifs qui permettraient aux entreprises européennes, de ne pas se soumettre à des réglementations sur des sanctions prises par des pays tiers.

Par exemple, par le biais d’une directive européenne, c’est-à-dire un texte de loi national et européen, qui aurait pour objet d’autoriser les entreprises européennes à ne pas se conformer à la législation américaine, que celle-ci soit imposée par « l’Office of Foreign Assets Control » ou par le Trésor américain.

Ceci a déjà était fait en 1996, lorsque la législation américaine, dans le cadre du blocus sur Cuba, voulait interdire aux pays européens d’acheter du gaz russe.

Autre exemple, en se dotant d’outils financiers indépendants qui garantiraient les activités commerciales de l’U.E., là où elle l’aurait décidé.

Par exemple en mettant en place une messagerie bancaire européenne, sécurisée, qui serait une alternative au SWIFT (d’origine européenne, mais « fagocité » aujourd’hui par la finance américaine).

Pourquoi ne pas saisir, la Commission Européenne, le Parlement Européen et la Banque Centrale Européenne, sur de tels dispositifs ?

Le principe des sanctions extraterritoriales, quel que soit le pays visé, devrait être considéré comme inacceptable par la communauté internationale.

Les Européens n’ont pas à être pénalisé, pour le non-respect par les Etats-Unis, d’un accord international dans lequel leur signature était engagée.

Souvenons-nous que déjà, en 2012 et 2013, Peugeot puis Renault avaient été « sommés » par les américains, de cesser toutes activités en Iran. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement français de l’époque n’avait pas mis beaucoup d’empressement à défendre ces deux sociétés, ce qui avait entraîné la destruction de plusieurs milliers d’emplois.Les relations économiques irano-européennes sont suspendues à la capacité dont fera preuve l’Europe, pour neutraliser ces sanctions et poursuivre le processus de Vienne avec les autres signataires, que sont la Chine et la Russie.

Au-delà de l’aspect économique pour l’Europe, il faut également que le gouvernement iranien, et principalement le président Rohani, y trouve son compte, en matière de retombées économiques et d’investissements, pour son pays.

Ceci, afin de pouvoir faire échec à la pression des conservateurs qui, à l’intérieur du régime iranien, se sont toujours opposés à cet accord.

C’est la raison pour laquelle, je ne pense pas que la renégociation de l’accord de Vienne soit la bonne solution, tel que le suggère la France.

Un accord, lorsqu’il a été signé, est le résultat d’un compromis sur des négociations qui ont duré plusieurs mois, parfois plusieurs années. Chaque partie à l’accord, est à la fois gagnante et perdante.

Par contre, négocier un nouvel accord, relatif au balistique iranien et à son implication régionale est tout à fait possible. Mais il doit s’agir d’un nouveau chapitre, et non pas de « détricoter » l’accord de Vienne.

Si une telle hypothèse se concrétisait, quel signal serait envoyé à Washington par les Européens !!

Par sa décision unilatérale, le président Trump lance un défi aux Européens :

        « Se coucher et suivre les États-Unis, ou s’affirmer et s’y opposer »

L’Europe a besoin de conscience, de cohérence, et en prenant cette décision, le président Trump ouvre aux Européens, une opportunité pour exister et agir.

Si nous ne la saisissons pas, les iraniens n’auront pas d’autre choix que de reprendre leur course vers le nucléaire !

C’est peut-être (sans doute) ce que cherche le président Trump, pour s’offrir l’opportunité, de frapper militairement l’Iran.

Bon courage à lui !

Jean-Yves Tréguer

 (20 mai 2018)

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DE L’URGENCE D’UN RÉVEIL CENTRISTE EUROPÉEN, FACE À LA BANALISATION DES IDÉES NAUSÉABONDES…

Le positionnement «social», tenté lors de sa campagne présidentielle de 2017, n’ayant  pas convaincu, Marine Le Pe choisit  à présent, de donner  un second  souffle  à  son  parti en  radicalisant  son  image, comme  l’a  fait Laurent Wauquier pour LR.

En terres acquises aux idées frontistes, -Nice et Cannes-, elle  invit au  bal  du 1er mai, le  gratin  des  infréquentables d’extrême-droite  de  l’U E, tels  Gerolf  Annemans, président  du  Vlaams Belang belge, ou Tomio Okamura, celui du SPD tchèque…

Au prétexte de élaborer une  proposition  concertée  protectionniste  et  sécuritaire pour  le  scrutin européen de 2019, ils posent les  jalons d’un  tournant  politique  nauséabond  pour l’Europe et  dont la pusillanimité des responsables politiques européens est l’allié objectif… hélas !

Pour préparer  les  esprits à « gober » les élucubrations  de ces activistes, il  a fallu quelques années  de travail  de désinformation  et  de propagande à  diverses  officines qui  sévissent sur  le net, afin de  banaliser  des idées que vingt  ans plus tôt, on  n’aurait  pas  osé étaler en place publique. Moins coûteux que la  formation et  le management d’une  troupe multiple de militants, l’information est formatée, fidèlement  diffusée (alors qu’un  parti ne  peut  jamais  être certain de la fiabilité et  la régularité du service d’un sympathisant, aussi zélé qu’il soit !), à des millions de personnes, avec l’assurance que les informations dépasseront  souvent les frontières du pays émetteur, phénomène particulièrement intéressant lorsqu’on veut saper l’Europe…

jyt    COMMENT AMENER LES ESPRITS À ACCEPTER « L’INACCEPTABLE» ?

    

  Les meetings ne sont pas obligatoirement suivis par l’électeur peu politisé ;  et lorsqu’ils le sont, il n’est pas certain que quelques minutes d’une interview                 télévisée, fassent basculer l’opinion. Il faut donc dans un premier temps, infecter les esprits par l’utilisation de réseaux sociaux diversifiés, ciblant chacun une part   de population. Appâtant chaque catégorie de citoyens en prenant appui sur ses goûts, ses éventuels combats militants (notamment en matière d’écologie), et        surtout sur ses angoisses. On nourrit ainsi la réflexion, par l’interprétation tendancieuse de « petits faits divers », pratiquant la technique du «pied dans la porte»    (voir ci-dessous au paragraphe suivant).

Aux USA, on a vu comment la manipulation savante de l’information de tels sites ont influencé la campagne présidentielle au profit de D TRUMP (dont, très bizarrement, une partie de l’électorat féminin traditionnel, a été amené à voter pour un homme qui affichait un tel mépris des femmes !…) ou en Grande Bretagne, quand le débat du Brexit fut «truqué» par la rumeur et la désinformation (SE REPORTER À NOTRE ÉDITO DU 23 avril qui l’explique si bien).

En France, NOVOPRESS, «arme de ré-information massive» du Bloc identitaire se présente comme une «agence de presse internationale» : à ce titre, ses informations falsifiées sont souvent reprises dans Google actualités et elle est régulièrement citée par  de nombreux  blogs issus  d’autres  communautés,  ce  qui démultiplie  presque jusqu’à l’infini son pouvoir  de nuisance.

Pour faire  prospérer un discours, mélangeant  astucieusement le faux et le vrai, elle  vulgarise de thèmes  d’extrême-droite édulcorés, pouvant même y inclure références apolitiques ou  de gauche/extrême gauche… On peut  rapprocher sa pratique de  la technique de manipulation  dite  du «pied  dans  la  porte» expliquée  par Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois :

« La technique du pied-dans-la-porte consiste  à demander peu dans un premier  temps, pour tenter  d’obtenir beaucoup  dans un second  temps » 

Par exemple, mettre  en valeur  les  fêtes  folkloriques, témoins  des  traditions  locales, ne peut, dans un  premier temps que recevoir l’assentiment  d’une majorité de  lecteurs. Mais, de  proche  en proche, on glissera vers la défense de «nos» traditions, jusqu’à persuader le lecteur de l’utilité de  lutter contre l’invasion étrangère qui «menacerait» lesdites traditions et donc, notre civilisation. Voilà  comment   un citoyen ingénu  peut se laisser  convaincre d’un danger rampant qui menace son existence et son intégrité, alimentant entre autres peurs celle du «grand remplacement» des populations européennes par des populations extra-européennes.

L’utilisation de la  délation par certains  de ces blogs pour  signaler à la vindicte populaire les opposants est pratique  courante, tel  Europe  Israël  news  qui se  réjouit  de la  fin prochaine de Simone Veil… ou ce site d’extrême-droite, (ayant  publié  les  coordonnées  postales  de 30 militants  associatifs LGBT, défenseurs du  droit d’asile, féministes, artistes, chercheurs) qui a été récemment renvoyé devant le tribunal correctionnel de Rennes pour «incitation à  la haine, diffamation, injures  publiques et provocation à la commission de crimes  et de délits»

  • Mais le mal est fait et la plupart des blogs échappent à la vigilance publique.

DE LA DÉSINFORMATION À LA RÉ-INFORMATION…

On retrouve à l’origine d’une de ces officines Jean‑Yves Le Gallou, énarque, théoricien  de  la  «ré-information» et de la «préférence nationale» du Front National.

 Créateur de la Fondation  Polémia (contre le «politiquement correct» des médias traditionnels) et de l’ OBSERVATOIRE des Journalistes et de l’Information  médiatique,  (avec  Claude  Chollet) qui  surveille les  journalistes  des grands  médias  et  rédige des   biographies  les  concernant.  On  retrouve  aussi  le  communiquant Fabrice  Robert  du  Bloc  Identitaire (fondateur  de  Novopress)  ou  l’historien  Dominique  Venner (chantre de la  continuité ethnique  de  la  population  européenne  depuis la  préhistoire), dont  les théories sont  portées  par TV LIBERTÉS et  l’INSTITUT ILIADE (créés par le même Fabrice Robert).

ET QUAND LES MOTS NE SUFFISSENT PLUS POUR ANGOISSER L’OPINION…

on a recours aux nervis. Les groupes autonomes révolutionnaires de gauche, vont devenir, au milieu des années 2000, une source d’inspiration pour les «autonomes nationalistes», une des fractions les plus radicales de l’extrême droite.

Le travail d’effroi généré par les exactions de «casseurs» lors de toute manifestation (et quelle qu’en soit le thème), contribue à déstabiliser le citoyen qui aspirera à une répression de plus en plus forte, quitte à prendre quelque liberté avec les droits de l’homme…

Des bandes armées, soupçonnées appartenir à des groupuscules d’extrême droite attaquent des étudiants occupant leur université. Leurs interventions violentes sont retransmises en direct sur internet (par le site LDC-NEWS -Ligne de conduite). Qu’attend-t-on du citoyen lambda devant ces images ? Qu’il soit tenté de réclamer qu’on « nettoie au karcher » l’université ! Ainsi, une opinion publique manipulée, n’offrirait plus de réticence à cette gouvernance autoritaire, que les « amis de Nice » souhaitent imposer à l’Europe entière…

La mise en garde de Madeleine Albright :  «Fascism, A Warning» a fait l’objet d’un article du Nouvel Obs** citant Primo Levi sur les conséquences  de  la désinformation : «En estimant  que chaque époque  a  son propre fascisme, l’écrivain  italien Primo Levi, lui-  même  un  survivant  de  l’Holocauste,  ajoutait  que  le  moment  critique  peut  être  atteint  «pas  seulement  par  la  terreur  de l’intimidation policière, mais en déformant l’information, en minant le fonctionnement de la justice, en paralysant le système éducatif, en répandant de manière subtile un parfum de nostalgie d’un temps où l’ordre régnait ».

Face à ce péril, on peut regretter qu’il n’existe pas (ou presque pas) de  » CENTROSPHÈRE », mettant en  place  des  moyens  de  communication  efficaces, capables  de  contrer  chaque  allégation de  la  » fâchosphère ».

Eve  ROFFIAEN

Militante Fédération Modem 56

7 mai 2018

 

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L’IRAN, POUVOIR HÉGÉMONIQUE AU LEVANT ?

jyt

Réfléchissant au conflit syrien, je suis arrivé à la conclusion qu’il fallait le considérer dans un contexte historique, pour essayer de comprendre le jugement

porté sur les tentations hégémoniques prêtées à l’Iran.

Copie de la guerre froide qui, durant cinquante ans, opposa leurs mentors respectifs, Russie et États-Unis, le conflit asymétrique et régional qui oppose

l’Iran et l’Arabie Saoudite au Levant est-il un conflit religieux ou politique ? Ce sujet sera traité en deux parties, aujourd’hui, Liban et Irak puis Syrie et conclusions à tirer .

Un peu d’histoire pour déterminer comment l’Iran a su tirer parti des faiblesses adverse.

LIBAN

Suite à l’assassinat de son ambassadeur à Londres par le groupe Abu Nidal, Israël lance le 6 juin 1982 l’opération «Paix en Galilée», contre l’OLP de Yasser Arafat, en pleine guerre civile au Liban. L’armée israélienne occupe rapidement la majeure partie du Liban, dont Beyrouth, où Tsahal fait jonction avec les Forces Libanaises chrétiennes de Bachir Gemayel.

Yasser Arafat et son état-major seront exfiltrés de Tripoli (Liban) vers Tunis. Bachir Gemayel élu président de la République libanaise, périra 3 semaines plus tard, parmi les 60 morts de l’attentat contre son quartier général. S’ensuivront les massacres de Sabra et Chatila…

A cette même période, la guerre Irak-Iran s’est enlisée, et c’est d’une guerre de positions plutôt que de conquêtes, que dès lors il s’agit. Suite à l’invasion irakienne de septembre 1981, 

l’Iran vient de reconquérir son territoire et Khomeini, refusant le cessez le feu proposé par Saddam Hussein, envoie via Damas, les premiers Pasdarans, dans la plaine de la Bekaa, à la frontière libano-syrienne. Tête de pont, d’où ils peuvent observer et s’infiltrer.

Les Chiites libanais (à l’époque représentés par le parti AMAL), étaient plus spectateurs qu’acteurs dans la guerre civile libanaise, opposant chrétiens maronites, musulmans sunnites et druzes. Un incident à Nabatyeh (sud Liban) va les «réveiller» : lors de la commémoration de la fête chiite de l’Achoura (rappelant le massacre de Hussein, petit- fils du prophète Mahomet par les sunnites omeyyades, à Karbala, aujourd’hui située en Irak).

Une patrouille israélienne traverse la procession. S’en suivent des jets de pierres (première intifada). Les soldats israéliens ouvrent le feu, tuent plusieurs Chiites libanais… marquant le début de l’expansion du Hezbollah au Liban, (se démarquant du parti chiite AMAL). Les Pasdarans en observation dans la Bekaa, en profitent pour encadrer le Hezbollah naissant.

À la suite du massacre de Hussein à Karbala (en 680 de notre ère), le chiisme érigera le martyr en doctrine, et ce n’est pas un hasard si une école des martyrs, suite à cet incident, sera fondée à Nabatyeh, financée par la fondation iranienne pour les martyrs.

A partie de 1983, elle sera, malheureusement, très active dans nombre d’attentats kamikazes dont la France aura aussi à souffrir.

Comme le résume Georges CORM dans son livre «Le Proche Orient éclaté» parlant de la guerre civile libanaise : «les partis et leurs milices ont constitué, pour les opportunistes et les ambitieux de tous bords, des instruments de promotion sociale rapide».

L’argent des milices était, aussi, un moyen de redistribution sociale. D’abord vers les familles des miliciens, puis vers des populations sympathisantes. Le Hezbollah chiite, aidé par l’Iran, poussa cette logique de redistribution vers une communauté traditionnellement déshéritée, s’assurant ainsi de sa fidélité durable.

Dès 1983, ces réseaux chiites libanais seront utilisés par l’Iran pour frapper les soutiens de l’Irak, tels les USA et la France (immeuble Drakkar à Beyrouth). Le refus par les Nations-Unies de déclarer l’Irak agresseur, entraînera de facto, la volonté iranienne de renforcer ses positions au Liban, en prémices d’une guerre longue avec l’Irak (elle prendra fin en 1988).

 

jyt

  

                                                                                                    

nasrallah 

   Sur ces bases fut construit le Hezbollah de Nasrallah, aux fins de constituer pour l’Iran au Liban, un allié stable et fiable au plan politique, ce qu’il est   devenu. Mais      aussi pour constituer une force militaire capable dans un premier temps d’actions militaires non conventionnelles et surtout de créer au nord d’Israël une menace        permanente. Cette stratégie trouvera un premier succès avec le départ forcé des troupes israéliennes du Liban en mai 2000 et la participation continue du Hezbollah    au gouvernement libanais depuis 2005.  En 2006, Israël tentera à nouveau de déloger le Hezbollah du sud Liban. Sans plus de succès.

 

jyt

   Michel AOUN, (chrétien) actuel président du Liban a été élu avec le soutien du Hezbollah, lequel a, sans nul doute, œuvré auprès de Michel Aoun, pour qu’il refuse la    démission de Saad Hariri (après son «escapade» saoudienne). Le tout avec la «bénédiction» de l’Iran, qui a besoin d’une certaine stabilité au Liban.

   Le Liban a servi de laboratoire à l’Iran pour mettre en place une stratégie d’influence, sans fournir de troupes mais en se servant de ses intermédiaires chiites,              formés  et entraînés par les Pasdarans au travers de la brigade Al-Quds. Un expert militaire faisait la remarque suivante : «Le génie iranien est d’avoir su tisser              un réseau de relais locaux qui permet à Téhéran de contrôler, sans avoir besoin d’être massivement déployé sur place».

IRAK

bush  Ce qui avait fonctionné pour le Liban, aura servi de répétition en 2003, quand George W Bush offrira l’Irak sur un plateau aux mollahs iraniens. 

 En poste à Téhéran à l’époque, j’avais annoncé que les États-Unis gagneraient la bataille en moins de trois semaines, mais qu’ils perdraient la guerre. Ce qui       fut  fait. Je passe rapidement sur la période de mars à novembre 2003 qui verra successivement l’assassinat à  Nadjaf de Abdel Madjid al-Khoï, chef chiite           modéré ; le rassemblement d’un million de personnes à Karbala ville sainte chiite ; la nomination,       par l’administration de George W. Bush, de Paul Bremer comme administrateur civil pour l’Irak ; le retour triomphal de son exil en Iran de  l’ayatollah Mohammad Baqer Hakim (chef de l’assemblée suprême de la révolution islamique en Irak) puis son assassinat à la voiture piégée, toujours à Nadjaf.

En novembre 2003 l’ayatollah Sistani, le plus haut dirigeant chiite irakien, exige des élections immédiates au suffrage universel, sachant pertinemment que la population irakienne est majoritairement chiite (62%).

Cette période de l’occupation américaine sera le théâtre d’attentats multiples, perpétrés principalement contre la population chiite, vraisemblablement (mais pas que), par les anciennes troupes sunnites liées au parti Baas et à Saddam Hussein.

L’appel à des élections générales lancées par l’ayatollah Sistani (qui n’a pas l’appui de l’Iran) ne trouvant pas d’échos auprès des américains, Moqtada-Sadr, et sa milice chiite, provoquèrent alors de violents affrontements avec les troupes de la coalition américaine.

jyt   En janvier 2005, des élections générales multipartites (les premières en Irak depuis 1953) ont enfin lieu mettant largement en tête la liste chiite soutenue par          l’ayatollah Al- Sistani (48% des voix), devant la liste kurde (25%). Les kurdes dans le nord et les chiites dans le sud et à Bagdad ont massivement voté,                  contrairement au centre du pays à majorité sunnite.

  

C’est, pour les Sunnites, une défaite qui ne sera pas sans conséquences. Se sentant exclus (même si le vote présentât toutes les garanties d’un scrutin démocratique) ils déclareront une guerre totale contre les Chiites, par l’intermédiaire de Zarqaoui. Ce dernier quittera AI-Qaida pour former avec d’autres groupes djihadistes l’État Islamique en Irak. À sa mort en 2006, lors d’un raid de l’aviation américaine, il aura semé les ferments de la révolte sunnite.

En 2008, dans un souci de réconciliation, le parlement irakien adopte une loi de réhabilitation permettant la réintégration des anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein, et leur retour dans la vie publique : donc d’anciens militaires sunnites.

Ceci ne sera pas sans conséquences, parce que le moment venu ils formeront l’épine dorsale de Daesh. Tout le monde a vu les images de la prise de Mossoul, en juin 2014, par les colonnes de l’État Islamique en Irak.

Point d’orgue pour Daesh en mai 2015, accompagnés en sous-mains par les états sunnites du Golfe, Arabie Saoudite en tête, l’armée islamique s’approche de Bagdad. Ils seront repoussés par la partie de l’armée irakienne restée fidèle au pouvoir, aidée des milices chiites irakiennes, du Hezbollah libanais et encadrés par la force Al-Quds des Pasdarans.

A partir des exactions et attentats commis par Daesh, la coalition occidentale aidera le gouvernement irakien à majorité chiite, -donc, par ricochet, l’Iran-, à détruire l’État Islamique. (Officiellement annoncé, en décembre 2017, par le 1er ministre irakien Haider Al-Abadi (parti islamique chiite DAWA comme son prédécesseur Al-Maliki).

En Irak encore, l’Iran a su profiter des faiblesses adverses, jouant l’autonomie avec les Kurdes, se servant de la force de frappe aérienne occidentale pour anéantir Daesh (donc les Sunnites), utilisant ses intermédiaires chiites, Hezbollah et milices irakiennes. Le tout avec un investissement à minima avec la force Al-Quds liée aux Pasdarans.

Aujourd’hui, le premier partenaire économique de l’Irak est l’Iran. 

 

Liban, Irak, reste la Syrie…

Le conflit syrien, déclenché dans ce que l’on pourrait appeler, la queue de la comète du printemps arabe, est un conflit multicouche, qui démarre en juillet 2011…

Le contexte :

L’embellie économique vantée par le pouvoir syrien, n’a profité qu’à une bourgeoisie des villes, proche du régime, au train de vie affiché et lié à une corruption généralisée, tandis que la majeure partie des Syriens vivaient dans la pauvreté. La libéralisation, voulue par le régime, a été incapable de favoriser l’activité économique, creusant un chômage important chez les jeunes diplômé(e)s. A cette situation, s’ajoute un maillage sécuritaire étouffant.

Une sécheresse, de 2006 à 2010, poussera les populations à rejoindre la périphérie des villes, réunissant les conditions optimales pour provoquer une explosion sociale.

Il suffisait d’une étincelle, pour mettre le feu à la première couche.

carte influence

 

La première couche :

jyt Elle viendra de réponses répressives à une «gaminerie» transgressive, comme on peut en commettre à l’adolescence. Dans les rues de DERAA, en     mars 2011, des slogans anti-régime sont écrits sur les murs par de jeunes collégiens. Arrêtés par les forces de sécurité, le régime dans son   aveuglement imbécile les emprisonne et les torture, entraînant des manifestations qu’il ne sait pas réprimer autrement qu’en tirant dans la foule.

 Des civils prennent les armes pour défendre, qui leurs quartiers, qui leurs villages. Certains militaires refusent de tirer sur la foule et sont, soit fusillés   par le régime ou poussés à la désertion vers la Turquie pour créer ce qui deviendra l’ASL (Armée Syrienne de Libération)

  Ce tournant de la militarisation fera passer la révolte syrienne, de l’état de «révolution» à l’état de «guerre civile», qui rapidement prendra la tournure   d’une «guerre contre les civils», donc de l’armée contre les civils. Ceci introduira un paramètre communautaire, par le fait que, armée et services de sécurité sont essentiellement de confession alaouite (branche du Chiisme), seules professions que l’empire ottoman leur avait laissé exercer. Ils ne représentent qu’environ 10% de la population, face aux 72 % de Sunnites. Les autres confessions présentes sont : 8% de Chrétiens (3 rites différents), 9% de Kurdes et 1 % de Druzes.

La deuxième couche :

A l’été 2012, l’ASL s’empare de la majeure partie d’Alep, d’Idlib et de plusieurs postes frontières avec la Turquie, facilitant le passage à la fois des armes, de milliers de réfugiés fuyant les bombardements de l’armée de Bachar el Assad, mais aussi, dans l’autre sens, des premiers combattants étrangers, venant grossir les rangs de Daesh, ce qui ne sera pas sans conséquences.

C’est à cette période, courant été et automne 2012, qu’il eût fallu intervenir contre le régime de Bachar el Assad, en détruisant ses infrastructures militaires. Les États-Unis de Barack Obama en décidèrent autrement, l’Europe une fois encore fut absente et la France de François Hollande décida de ne point y aller.

A ce stade du conflit, fin 2012 début 2013, 4 forces sont en présence :

 Les forces gouvernementales loyalistes au régime de Bachar el Assad, comprennent outre l’armée régulière, des milices et autres groupes étrangers, dont le Hezbollah (vieille connaissance). Ces forces, ne contrôlent plus que ce que l’on nomme la «Syrie utile» et profitent de leur suprématie aérienne pour bombarder les différentes forces dites «rebelles», sans distinction entre civils et groupes armés.

 L’opposition armée syrienne, émanation de l’ASL (à l’origine composée de civils ayant pris les armes), est constituée de différents groupes hétéroclites. Elle n’a jamais su, ou réussi, à s’organiser en une force coordonnée et centralisée. Dépendante de l’aide extérieure pour son financement et ses équipements, l’opposition armée syrienne est petit à petit gangrenée par des groupes islamistes plus ou moins radicaux et sponsorisés par les pays du Golfe. Après avoir contrôlé une bonne partie de la Syrie, l’opposition armée syrienne perdra ses combattants, attirés par les brigades islamistes où ils sont mieux armés, mieux rémunérés.

A ce stade aussi, l’aide occidentale, maintes fois promise, a fait défaut à l’opposition armée syrienne, laquelle, de par ses divisions claniques et ses différentes «chapelles», n’est pas non plus exempte de tout reproche.

 L’État islamique ou Daesh, essentiellement impliqué en Irak jusque-là, apparaît sur le théâtre syrien au printemps 2013, avec un agenda tout autre que celui de l’opposition armée syrienne. Il n’est pas nécessaire ici de revenir sur les états de services» de Daesh, sinon pour dire, qu’à partir de l’été 2014, mais surtout de l’automne 2015, il verra se dresser contre lui une coalition dont les raids aériens précipiteront sa défaite (j’y reviendrai plus loin).

 Les forces kurdes syriennes, contrôlent la zone nord-ouest le long de la frontière turque. Elles sont essentiellement composées des Kurdes syriens du PYK, branche syrienne du PKK turc. L’avancée de Daesh a fait que les Kurdes syriens se sont retrouvés en première ligne à lutter contre l’armée de l’État Islamique à Kobané, d’où ils sortiront vainqueurs, avec l’appui aérien de la coalition occidentale et ses fournitures d’armes (contre la volonté turque, entraînant de la part d’ Erdogan, un changement de stratégie et d’alliés).

La Turquie d’Erdogan qui n’a pas réussi à empêcher l’autonomie du Kurdistan irakien, est prête à tout et son contraire, pour empêcher l’installation d’un Kurdistan syrien autonome, et explique son entrée en territoire syrien et à la prise d’AFRIN.

La troisième couche :

Les deux premières couches se sont superposées. Cette troisième couche : le rôle de l’Iran, est transversale aux deux premières.

Dès 2011, les services iraniens sont impliqués, par l’aide apportée au régime syrien dans les domaines de lutte anti-émeute, de propagande, de cyberguerre (moyens de contrôle des communications).

En parallèle, l’Iran apportera au régime syrien un soutien politique et diplomatique sans faille auprès des instances internationales. Sur le plan militaire, la présence de la force Al-Qods (unité d’élite des Pasdarans), est avérée dès 2012. En réalité cette force a toujours été présente en Syrie, depuis la présence israélienne au Liban (voir ci-dessus Liban)

Cette présence en Syrie répondait pour Téhéran à deux impératifs essentiels :

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 Préserver les acquis politiques de l’investissement au Liban puis en Irak et confirmer la continuité de l’arc chiite, en s’assurant que   Damas ne tombe pas sous une domination sunnite.

 Préserver un «chemin» pour un éventuel futur gazoduc permettant d’atteindre la Méditerranée sans avoir à traverser de terres   sunnites. Ceci bien sûr, dans une optique future d’exportation de gaz naturel, dont l’Iran est aujourd’hui le 3ème producteur   mondial (avec des réserves prouvées, qui le place au 1er rang mondial).

La quatrième couche :

Israël :

en effet miroir à l’implication iranienne en Syrie, Israël a pour objectif d’essayer de contrer toute concentration de forces et/ou de matériels qui pourraient servir au Hezbollah et via le sud Liban, menacer Israël. A cet égard, l’aviation israélienne procède à de fréquents bombardements de positions des «milices chiites» sur le sol syrien.

La cinquième couche :

C’est l’intervention russe. Programmée en mai, elle sera déclenchée le 30 septembre 2015 et changera radicalement la nature et les conséquences de la guerre civile syrienne.

L’intervention russe, à ce moment- là, répond à trois critères rationnels :

 L’effondrement programmé du régime de Bachar el Assad.

 L’avancée vers l’ouest de la Syrie, des forces de l’État islamique (Daesh).

 Le respect des traités de coopération et d’assistance, liant Syrie et Russie.

A cette époque, mi-2015, les analystes considèrent que le régime de Bachar el Assad est en sursis. Face à l’avancée des troupes de l’État islamique, la Russie en conclut qu’il pourrait y avoir amalgames et convergences d’intérêts à court terme, avec d’autres mouvements djihadistes, et création -après l’effondrement du régime syrien- d’une sorte de front panislamique, soutenu par la Turquie, le Qatar et les Saoudiens. Ce front, gagnant la base du Caucase, risquerait d’entraîner instabilité et terrorisme aux frontières de la Russie.

L’Iran prendra sa part dans cette analyse décisionnelle, ne voulant en aucun cas, voir Damas tomber du côté sunnite.

Dès lors, les raids aériens russo-syriens s’amplifieront, pilonnant, sans distinction les positions des différents groupes (Armée Syrienne Libre, Front Islamique Salafiste, Front Al-Nosra, Daesh, au total une vingtaine de groupes différents, tantôt alliés, tantôt adversaires).

Ce pilonnage systématique aura pour corollaire, la reconquête du territoire par les troupes gouvernementales du régime de Bachar el Assad, avec le soutien des milices chiites, du Hezbollah, de la force Al Qods iranienne et de la milice pro russe «Wagner».

Dans ce conflit syrien, certaines alliances se sont avérées être à géométrie variable.

Par exemple la Turquie, adversaire farouche de Bachar el Assad au début du conflit, devient aujourd’hui un allié objectif du régime syrien et de son allié russe, dans sa volonté d’éradiquer toutes velléités d’indépendance kurdes.

D’autres, pourraient le devenir…

Autant je reste persuadé de la volonté iranienne de ne pas autoriser une main-mise sunnite sur Damas, autant je suis plus circonspect sur un soutien inconditionnel à Bachar el Assad, lorsque viendra le moment de régler les additions. Si les conditions sont requises pour -comme ils l’ont fait au Liban et en Irak-, détenir le pouvoir par des intermédiaires dévoués, ils lâcheront sans hésitation Bachar el Assad.

Après tout, après la guerre avec l’Irak de Saddam Hussein, et avant sa mort, l’ayatollah Khomeini faisait le constat d’un échec, qui était quelque part aussi, l’échec de sa vie :

En ne nommant pas, comme successeur potentiel l’ayatollah Montazeri (le doctrinaire chiite le plus instruit à l’époque dans la hiérarchie des ayatollahs), mais à sa place jytl’ayatollah Khamenei (loin d’être le plus qualifié pour ce poste de guide suprême), il remit en cause le principe même du «velayat-e-faqih» («gouvernement du docte», principe de base de la gouvernance d’une république islamique). Par cette décision, il donna au pouvoir séculier priorité sur le pouvoir religieux.

A regarder l’Iran d’aujourd’hui, il est impossible de dire si ce sont les autorités religieuses ou militaires qui mènent le pays. Si l’on pose la question, il sera la plupart du temps répondu que l’Iran est une théocratie, ayant à sa tête des idéologues religieux.

Si la théologie constitue effectivement, les fondements des croyances et de la politique en Iran, ceux qui aujourd’hui détiennent le pouvoir, le tirent, premièrement des services de sécurité et deuxièmement des militaires. Même si ceux-ci sont des ecclésiastiques, ils sont rationnels, pragmatiques et calculateurs.

Pendant plus d’une vingtaine d’années, ils ont laissé s’agiter le dossier du nucléaire, s’en servant comme d’un paravent pour d’autres activités, bien plus essentielles à leurs yeux, comme le noyautage au Liban, en Irak, en Syrie, comme nous avons essayé de l’analyser ci-dessus, mais aussi au Yémen ou à Bahreïn.

Partant de ces différents constats, on pourrait raisonnablement en conclure que l’Iran est une puissance à visées hégémoniques (qui sous-entend une volonté de domination souveraine).

Les faits autorisent à une telle conclusion. Personnellement, je pencherais plutôt vers une volonté de domination plus subtile, dans laquelle, sous une forme d’apparence religieuse, se cache une volonté de contrôler le Moyen-Orient et le Levant, ce qui serait, ni plus ni moins, qu’un retour de quarante ans en arrière, au temps du Shah, quand l’Iran était considéré comme le «gendarme» du Golfe «arabo-persique».

Jean-Yves TRÉGUER

Délégué Départemental Modem

26 MARS 2018

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LE  PILORI 

Dans le tourbillon des informations quotidiennes, les affaires judiciaires occupent désormais une place importante. D’autant plus importante qu’elles sont susceptibles de faire trébucher, voire d’éliminer des personnalités importantes de la scène politique. Hier François Bayrou, aujourd’hui Nicolas Hulot. Qui demain ?

Beaucoup applaudissent dans ce contexte à la libération de la parole des femmes, au journalisme d’investigation, au contre-pouvoir de la presse. Et il n’est pas question de contester le bien fondé de ces avancées.

Mais il faut avoir présent à l’esprit que toute liberté peut aussi dégénérer en licence. L’abus de droit existe, et peut d’ailleurs être sanctionné judiciairement. On doit se souvenir que le temps de la Justice n’est, ni celui de l’information, ni celui des échéances politiques.

On peut ainsi clouer au pilori de la suspicion (toujours prompte à se répandre en France) celui que l’on veut écarter du pouvoir. Avec des arrière-pensées politiciennes.  Certains ne s’en sont jamais relevés (Pierre Bérégovoy). En son temps, Dominique Baudis a du faire face à des rumeurs abjectes dont les auteures n’ont été condamnées qu’après bien des années.

Mon confrère Henri Leclerc a récemment et justement affirmé que «la justice d’opinion cloue les hommes au pilori». On ne saurait mieux dire.

La Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme, texte supra national qui s’applique chez nous en priorité sur la loi française, énumère dans son article 6 une série de droits judiciaires basiques dont toute personne doit pouvoir bénéficier. C’est ce que les praticiens appellent le droit au procès équitable.

 pilori  

 Il permet  par exemple à un suspect d’être informé de ce dont on l’accuse, d’être confronté à des témoins etc.

 Mais la presse, les réseaux sociaux n’instruisent pas comme les juges d’instruction. Ce qui prime, c’est le spectaculaire, le scandaleux …

 Que reste-t-il, en effet, de ces droits lorsqu’une personnalité (surtout politique) fait l’objet d’une enquête dont elle ignore le contenu alors que les journalistes     en ont pris connaissance parfois frauduleusement ? Que reste-t-il de ces droits quand un «témoin» s’exprime, visage flouté et voix maquillée, devant les caméras   de télévision ? Rien.

 Aucun Tribunal, aucune Cour en France n’accepterait pourtant d’examiner un dossier secret, d’écouter un témoin cagoulé.

 On en est ainsi, dans les réseaux sociaux et dans certaines rédactions, revenu aux pratiques médiévales. Le téléspectateur est invité, au fond de son fauteuil, à   admirer le pilori.

Il nous appartient, comme citoyens, de dénoncer autour de nous les dérives insupportables de ces justiciers qui n’instruisent qu’à charge et parfois au risque de ruiner définitivement la réputation des gens.

Alain GUILLOUX

26 février 2018

Membre du Conseil Départemental Modem 56

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